« Et si on levait les yeux ? » : Quelle place pour les écrans dans le quotidien des jeunes ?

Dans le cadre d’un partenariat avec l’IRTS, l’Ecole des parents et des éducateurs de Lorraine a co-organisé la projection du documentaire « Et si on levait les yeux ? », réalisé par Gilles Vernet, instituteur.

Ce film propose une immersion dans le travail mené par l’enseignant et sa classe de CM2 autour de la place des écrans dans leur quotidien, sensibilisant aux risques de la surexposition.

À travers une démarche pédagogique, Gilles Vernet va échanger avec ses élèves, leurs parents et des spécialistes sur la place des écrans dans notre société. Les enfants sont amenés à questionner leurs usages, jusqu’à vivre une expérience de déconnexion en pleine nature pendant 10 jours, avec leur professeur.

Un temps d’échange pour partager les constats du terrain et nourrir la réflexion

À l’issue de la projection, un bord de plateau a été animé en présence du réalisateur et d’une psychologue de l’EPE Lorraine. Ce moment a permis d’apporter un éclairage professionnel sur les enjeux soulevés par le documentaire et de nourrir la réflexion collective avec les participants.

Cet événement a notamment mis en évidence plusieurs constats issus du terrain :

Des enjeux éducatifs, relationnels et de santé

Des échanges relevés lors des actions de sensibilisation menées par l’EPE ont souligné que lorsque les usages sont régulés, certains parents observent une amélioration de la qualité des liens avec leurs enfants.

Plus largement, la réflexion s’ouvre sur les conditions favorables au développement de l’enfant :

Réinterroger les pratiques éducatives : l’apport des expériences en extérieur

Le documentaire, ainsi que les échanges, ont également permis de faire le lien entre la prévention des effets des écrans et l’éducation en environnement réel.

Les approches pédagogiques favorisant les apprentissages en extérieur mettent en avant :

Ces expériences contribuent également à renforcer le sentiment de capacité d’agir chez les enfants, avec des effets positifs sur leur bien-être et leur santé mentale.

Un enjeu partagé pour les professionnels

Cette projection-débat a confirmé l’importance de croiser les regards afin d’interroger nos usages du numérique et accompagner leurs évolutions.

À travers ce type d’actions, l’EPE Lorraine poursuit son engagement aux côtés des professionnel·le·s pour soutenir les familles, favoriser le dialogue et promouvoir des pratiques éducatives adaptées aux enjeux contemporains.

Les Assises nationales du soutien à la parentalité ont été lancées le 19 février 2026 au sein des ministères sociaux, à l’initiative de Stéphanie Rist, ministre de la Santé, des Familles, de l’Autonomie et des Personnes handicapées, et de Sarah El Haïry, haute-commissaire à l’Enfance.

Ouvrant un cycle de concertation associant l’ensemble des acteurs du secteur, cette démarche s’inscrit dans la stratégie nationale 2025-2027 « Mon parcours de parent » et vise à faire évoluer la politique publique de soutien à la parentalité.

Clarifier et renforcer une politique publique au service des familles

Ces Assises poursuivent un objectif central : construire un cadre national plus lisible, cohérent et partagé, en lien étroit avec l’ensemble des acteurs concernés.

Elles répondent à un double enjeu :

La réflexion engagée vise ainsi à formuler des propositions opérationnelles et soutenables, adaptées aux réalités contemporaines des familles.

Une concertation nationale ancrée dans les réalités de terrain

La journée de lancement a réuni administrations, associations, professionnels, représentants du monde du travail et chercheurs autour de groupes de travail thématiques.

Les travaux porteront notamment sur :

La politique de soutien à la parentalité sera ainsi repensée en fonction des âges de l’enfant, avec une attention particulière portée à la préadolescence et à l’adolescence.

Les propositions issues de ces travaux seront remises en juin 2026 au ministère et au haut-commissariat à l’Enfance.

Le réseau des EPE mobilisé au niveau national

Acteur de référence du soutien à la parentalité, le réseau des Écoles des parents et des éducateurs (EPE) est associé à cette démarche nationale.

Le Pr Philippe Duverger, psychiatre de l’enfant et de l’adolescent, président de la fédération nationale des EPE, contribue aux travaux engagés. Son expertise clinique et sa connaissance fine des enjeux liés à l’enfance et à l’adolescence viennent éclairer les réflexions conduites au niveau national.

À travers cette participation, les EPE portent une approche globale du soutien à la parentalité, fondée sur l’écoute, l’accompagnement et la prise en compte des réalités vécues par les familles.

L’EPE Lorraine engagée dans la dynamique nationale

L’EPE Lorraine s’inscrit dans cette dynamique nationale en contribuant, aux côtés du réseau des EPE, aux travaux des Assises à travers la Fédération nationale.

Cette implication permet de faire remonter les réalités de terrain issues de ses actions menées auprès des parents, des jeunes et des professionnels sur le territoire lorrain.

Elle illustre le rôle des EPE comme acteurs à la fois opérationnels et ressources pour l’action publique, capables de faire le lien entre les besoins des familles et les orientations nationales.

Une contribution au service de politiques publiques plus ajustées

Pour l’EPE de Lorraine, cette démarche constitue une opportunité de renforcer la prise en compte des enjeux identifiés sur le terrain : diversité des situations familiales, besoins spécifiques des adolescents, impact du numérique ou encore articulation des temps de vie.

Elle s’inscrit dans une volonté constante de contribuer à des politiques publiques plus lisibles, plus accessibles et mieux adaptées aux réalités des familles.

Comprendre et prévenir pour éduquer sans violence

Être parent n’est pas toujours chose facile.

Entre la fatigue, les tâches quotidiennes ou encore les contraintes professionnelles, … de nombreux facteurs peuvent compliquer le rôle de parent. Dans ces moments, la violence peut s’installer dans le cadre de l’éducation.

Les parents peuvent reproduire les gestes et les comportements de ceux qui les ont élevés et suivre les mêmes schémas avec lesquels ils ont été éduqués. Cependant, ces derniers sont parfois basés sur des principes d’éducation violents et inadaptés.

Ces violences sont appelées des violences éducatives ordinaires (VEO).

Les VEO regroupent toutes les violences subies par les enfants dans un cadre éducatif.

Souvent considérées comme légitimes et culturellement acceptées, ces violences sont qualifiées comme ordinaires du fait de leur banalisation dans la société et de leur récurrence quotidienne malgré leur interdiction depuis 2019.

Comptant des gestes, des paroles ou encore des attitudes, ces violences s’expriment de plusieurs manières et comprennent plusieurs formes :

Toutefois, il est possible, et essentiel, d’éduquer un enfant sans violence.

Ces violences ne sont pas efficaces pour changer le comportement d’un enfant, elles ont des conséquences graves sur le développement de l’enfant et peuvent entraîner de nombreux troubles (anxiété, dépression, …) ou conditionner des comportements agressifs.

Ces violences qui nous échappent : un projet pour accompagner et sensibiliser les parents

Afin de sensibiliser les parents et les familles à ces violences parfois insoupçonnées et souvent invisibles, le CCAS de Laxou a travaillé pendant deux années sur le projet « Ces violences qui nous échappent », un film-documentaire réalisé par Anne Jochum pour mieux comprendre ces pratiques du quotidien.

À travers des témoignages d’enfants, d’adolescents, de parents et de professionnels, ce film offre un regard à la fois touchant et lucide sur l’impact de ces violences, souvent banalisées dans notre société mais profondément traumatisantes pour l’enfant.

Douçomètre : un outil pour prévenir les violences éducatives

Afin de compléter la présentation du film, le CCAS de Laxou, en partenariat avec l’EPE Lorraine, a co-construit, avec des parents de la ville, un outil de sensibilisation, de repères et d’alternatives éducatives positives : le Douçomètre.

Inspiré du violentomètre et dédié aux VEO, le Douçomètre favorise une parentalité saine et bienveillante en accompagnant les parents dans leur rôle sans jugement ni stigmatisation.

Créé par et pour les parents, cet outil concret et accessible a été conçu sur la base de la parole authentique de ces derniers pour encourager des échanges apaisés et constructifs.

Ce projet est le résultat de nombreuses rencontres menées sur le territoire qui ont permis d’explorer ce que recouvrent les violences éducatives ordinaires, de questionner les représentations de chacun et d’offrir un espace où les expériences, les préoccupations et les interrogations parentales peuvent être partagées librement.