Soutenir les parents autrement : reconnaître les savoirs vécus et sortir des modèles normatifs
Dans le cadre de la publication du dernier rapport d’activité de la Maison des parents de Metz, Sarah Hatuna, psychologue et responsable du pôle de soutien à la parentalité et à la famille au sein de l’EPE Lorraine, a partagé sa réflexion sur l’importance et la nécessité de la rencontre ainsi que de l’échange entre parents.
Accompagner les parents au plus près de leurs réalités
Dans notre société actuelle, nous faisons le constat de discours et de théories de plus en plus normatifs autour de la parentalité. Souvent issus de modèles occidentaux, psychologisants ou scientifiques, ces approches sont parfois présentées comme des vérités universelles. Elles sont relayées par des programmes, des ouvrages, les médias et, plus encore aujourd’hui, par les réseaux sociaux.
Ces idéaux de la « bonne parentalité » viennent pourtant se confronter aux réalités économiques, sociales et psychologiques vécues par les familles dans toute leur complexité et leur singularité. Entre les recommandations théoriques et les possibilités concrètes d’application, l’écart peut être important.
Ce décalage n’est pas sans conséquence. Il peut générer chez les parents de la culpabilité, de la frustration, un sentiment d’échec ou encore l’impression de ne jamais être « à la hauteur ». Dans ce contexte, il apparaît essentiel de changer de regard sur l’accompagnement à la parentalité.

Sarah Hatuna
Psychologue et responsable du pôle de soutien à la parentalité et à la famille à l’EPE Lorraine
Cela suppose de passer d’un modèle prescriptif à une approche davantage située et contextualisée. Autrement dit, considérer les parents non comme des « élèves de la parentalité », mais comme de véritables partenaires. Cela implique également d’adapter les discours professionnels aux réalités des familles, de valoriser les petits pas, de proposer des outils simples et accessibles, et d’adopter une posture réflexive dans les pratiques d’accompagnement.
Il s’agit aussi de sortir d’une logique de perfection pour reconnaître l’importance d’une parentalité « suffisamment bonne », attentive aux besoins des enfants tout en tenant compte des ressources, des contraintes et des parcours de chacun.
En matière de soutien à la parentalité, nous rappelons que l’expérience de la rencontre reste essentielle. La rencontre permet en effet de transformer nos représentations de nous-mêmes et des autres. Elle soutient la créativité, favorise l’émergence des singularités et participe pleinement à notre humanisation.
Au sein de la Maison des parents de Metz, les savoirs expérientiels occupent une place centrale. Ils se construisent dans une dynamique horizontale, fondée sur la reconnaissance mutuelle entre parents. Souvent peu formalisés, ces savoirs n’en sont pas moins précieux : ils sont incarnés, contextualisés et directement issus de l’expérience vécue.
C’est dans cette perspective que s’inscrit la paire-aidance. Cette démarche d’entraide et de soutien repose sur le partage d’une expérience commune, ici celle de la parentalité. Un parent peut ainsi mobiliser son vécu, ses épreuves et ses apprentissages pour écouter, soutenir et accompagner d’autres parents confrontés à des situations similaires.
Les savoirs qui circulent entre parents dans nos espaces d’intervention sont pluriels, situés et complémentaires des approches institutionnelles ou professionnelles. Leur reconnaissance invite à développer des pratiques fondées sur l’horizontalité, la co-construction et la prise en compte des diversités parentales.

Reconnaître ces expériences, c’est aussi reconnaître la capacité des parents à être acteurs de leurs propres ressources et du soutien qu’ils peuvent apporter aux autres.
Et si les projets menés ailleurs pouvaient nourrir vos propres réflexions ?
C’est l’objectif de cette rubrique : vous partager des expériences concrètes vécues par les établissements et équipes que nous accompagnons.
Prendre soin de la santé mentale pour mieux accompagner : quand des établissements choisissent la formation Premiers Secours en Santé Mentale pour toute leur équipe
Parce que les situations de souffrance psychique font désormais partie du quotidien de nombreu·x·ses professionnel·le·s, plusieurs établissements et services ont fait le choix de former leurs équipes aux Premiers Secours en Santé Mentale (PSSM).
L’objectif n’est pas de transformer les professionnel·le·s en soignant·e·s ou en spécialistes de la santé mentale.
Comme pour les premiers secours physiques, il s’agit avant tout de permettre à chacun de mieux repérer les signes d’alerte, d’adopter une posture adaptée et de savoir comment réagir face à une personne en difficulté, dans l’attente d’un relais ou d’un accompagnement spécialisé.

Pourquoi cette démarche ?
La santé mentale occupe aujourd’hui une place croissante dans les réalités professionnelles du secteur social, médico-social, éducatif ou encore de la petite enfance.
Les équipes sont de plus en plus confrontées à des situations de souffrance psychique, à des parcours de vie complexes, à des ruptures, à des situations de crise ou encore à l’intensité émotionnelle des accompagnements.
Cet enjeu concerne à la fois les personnes accompagnées et les professionnel·le·s qui interviennent à leurs côtés. En France, les troubles psychiques représentent un enjeu majeur de santé publique : selon les données de Santé publique France, 6,3 % des adultes présentent un trouble anxieux généralisé sur une année, tandis que les troubles dépressifs concernent 15,6 % des adultes. Les troubles anxieux figurent ainsi parmi les problématiques de santé mentale les plus fréquentes.
Du côté des professionnel·le·s, le baromètre Santé mentale et QVCT 2026 Qualisocial-Ipsos, avec un focus spécifique sur le secteur médico-social, met en évidence une fragilité importante :
- 30,6 % des professionnel·le·s présentent une santé mentale fragilisée (soit +8,4 points par rapport à la moyenne nationale),
- 41,6 % déclarent ressentir fréquemment un épuisement physique et psychologique,
- 69,3 % identifient l’exposition à la souffrance d’autrui comme un facteur de risque majeur dans leur activité.
Dans ce contexte, de nombreuses structures s’interrogent : comment permettre aux équipes d’être plus à l’aise face à ces situations du quotidien ? Comment éviter que certain·e·s professionnel·le·s se sentent seuls ou démunis face à une personne en détresse ?
Les PSSM : des repères concrets pour le quotidien professionnel
La formation Premiers Secours en Santé Mentale apporte des outils directement mobilisables dans les pratiques professionnelles quotidiennes.
Elles permettent notamment de :
- Mieux comprendre les troubles psychiques et leurs manifestations
- Repérer les signes de détresse ou d’aggravation
- Adopter une posture d’écoute adaptée
- Savoir comment réagir face à une situation de crise
- Orienter la personne vers les ressources ou professionnels compétents.
Ces repères peuvent être utiles dans de nombreuses situations : lors d’un accompagnement social, dans la relation avec une famille, face à un usager en difficulté… mais aussi au sein même des équipes, lorsqu’un collègue traverse une période de fragilité.

Former toute une équipe : une dynamique collective
Plusieurs établissements ont fait le choix de proposer cette formation à l’échelle d’un service ou d’une équipe entière.
Cette démarche permet de construire une culture commune autour de la santé mentale et d’éviter que seuls quelques professionnel·le·s portent ces questions.
Quand toute une équipe est formée :
- Chacun partage des repères communs
- Les situations peuvent être analysées collectivement
- Les professionnel·le·s savent davantage comment se soutenir mutuellement
- Les relais sont facilités
- Personne ne reste seul face à une situation préoccupante
Au-delà des compétences individuelles, cette approche collective renforce la cohérence des pratiques et sécurise les accompagnements.

Une question qui dépasse la formation
Au fil des accompagnements, une idée revient souvent : parler de santé mentale ne relève pas uniquement du soin.
C’est aussi une question de prévention, de lien social, d’inclusion et de qualité de l’accompagnement.
Former les équipes, c’est leur permettre de se sentir plus à l’aise face à des situations parfois déstabilisantes, mais aussi ouvrir des espaces de réflexion sur les besoins des publics accompagnés.
Un rendez-vous à venir : les Semaines d’information sur la santé mentale
Chaque année, les Semaines d’information sur la santé mentale (SISM) constituent un temps fort national pour sensibiliser, informer et ouvrir le dialogue autour de ces questions.
Cette année, elles se dérouleront du 5 au 18 octobre.
Pour les établissements et services, cette période peut être l’occasion de :
- Proposer des actions de sensibilisation
- Engager une réflexion institutionnelle autour de la santé mentale
- Valoriser les initiatives déjà mises en place
- Ou encore renforcer les compétences des équipes
Les formations PSSM peuvent ainsi constituer une étape parmi d’autres dans une dynamique plus globale de promotion de la santé mentale.

Et dans votre structure ?
Certaines équipes choisissent d’ouvrir le sujet à travers des temps de sensibilisation. D’autres engagent une formation collective pour construire des repères communs et renforcer leurs capacités d’action au quotidien.
Et vous, où en est votre réflexion ?
Cette formation est proposée en intra et s’adapte à votre contexte, à vos besoins et à votre territoire.
Vous souhaitez échanger autour de vos besoins, réfléchir à une formation adaptée à votre équipe ou simplement poser vos questions ?
Nous sommes à votre écoute pour en discuter :
03 87 69 04 87
Et si les projets menés ailleurs pouvaient nourrir vos propres réflexions ?
C’est l’objectif de cette rubrique : vous partager des expériences concrètes vécues par les établissements et équipes que nous accompagnons.
Protéger les tout-petits : quand les équipes des établissements d’accueil du jeune enfant (EAJE) en Moselle se mobilisent face aux violences sexuelles
Dans plusieurs EAJE, une même préoccupation a émergé ces derniers mois : comment mieux protéger les tout-petits face aux violences sexuelles ?
Soutenues par les recommandations de la PMI, dans un contexte marqué par l’évolution du cadre législatif (loi NORMA) et les travaux de la CIIVISE, ces équipes ont ressenti le besoin de renforcer leurs repères. Face à des situations parfois floues, à des doutes difficiles à partager ou à des signaux difficiles à interpréter, une question revenait : comment agir de manière juste, sans rester seul ?
Pourquoi cette formation ?
Les professionnel·le·s de la petite enfance sont en première ligne auprès d’un public particulièrement vulnérable. Pourtant, aborder la question des violences sexuelles chez les tout-petits reste complexe.
Comment distinguer un comportement lié au développement de l’enfant d’un signal préoccupant ?
Comment parler d’intimité et de consentement avec de jeunes enfants ?
Comment réagir face à un doute, sans surinterpréter… mais sans passer à côté ?
Autant de questions qui traversent les équipes, souvent sans espaces suffisants pour les travailler collectivement.

Une formation pour comprendre, repérer et agir
Pour répondre à ces besoins, nous avons construit une formation sur mesure, d’une journée, pour les professionnel·le·s de la petite enfance.
L’objectif : apporter des repères à la fois cliniques et pratiques, pour mieux comprendre les situations rencontrées et sécuriser les prises de décision.
Cette formation s’appuie sur les réalités du terrain et favorise les échanges entre professionnels, afin de renforcer une vigilance partagée et une action coordonnée autour de l’enfant.

Ce que les équipes ont travaillé
Au fil de la journée, les professionnel·le·s ont pu :
- Mieux comprendre le développement psycho-affectif et sexuel de l’enfant de 0 à 6 ans, pour distinguer ce qui relève du développement habituel et ce qui peut alerter
- Aborder les notions d’intimité et de consentement, et réfléchir à la manière d’en parler aux enfants, en lien avec les parents
- Identifier les signaux d’alerte : comportements, propos, attitudes, signes de malaise
- Clarifier les conduites à tenir en cas de doute ou de révélation, en s’appuyant sur le travail d’équipe
- Mieux connaître le cadre légal, les obligations professionnelles et les modalités de signalement
Ce que cela change pour les équipes
À l’issue de la formation, les professionnel·le·s repartent avec des repères concrets et partagés.
- Ils/elles se sentent plus légitimes pour observer, questionner et échanger en équipe.
- Ils/elles ne restent plus seul·e·s face au doute, et peuvent s’appuyer sur une réflexion collective.
- Ils/elles développent une posture commune, à la fois bienveillante et protectrice
- Ils/elles gagnent en clarté dans leurs liens avec les partenaires et dans leurs responsabilités.
Autant d’éléments qui contribuent à sécuriser les pratiques… et à mieux protéger les enfants.
Et dans votre structure ?
Ces questionnements résonnent-ils dans votre équipe ?
Vous souhaitez renforcer vos repères pour mieux comprendre, repérer et agir face aux violences sexuelles chez les tout-petits ?
Cette formation est proposée en intra et s’adapte à votre contexte, à vos besoins et à votre territoire.
Vous souhaitez échanger autour de vos besoins, réfléchir à une formation adaptée à votre équipe ou simplement poser vos questions ?
Nous sommes à votre écoute pour en discuter :
03 87 69 04 87
Envie de rejoindre une équipe engagée et de contribuer à un projet d’utilité sociale ?
L’École des Parents et des Éducateurs (EPE) de Lorraine accompagne les parents, les jeunes et les familles face aux évolutions de la vie familiale, en soutenant les ressources individuelles et les dynamiques relationnelles.
Dans le cadre du développement de ses activités, l’EPE recrute un·e psychologue pour renforcer l’équipe pluridisciplinaire de ses services de soutien à la parentalité et de prévention auprès des jeunes.
Vos missions
Vous intervenez dans le cadre des dispositifs portés par l’association (Maison des parents, Point Accueil Ecoute Jeunes, EVARS, etc.) ;
Vous êtes notamment amené·e à :
- Informer, soutenir et orienter les parents, les couples, les jeunes et les familles
- Conduire des entretiens individuels, de couple et de famille
- Prévenir et accompagner les situations de fragilité ou de crise
- Favoriser le dialogue au sein du groupe familial
- Concevoir et animer des actions collectives (groupes de parole, ateliers, conférences…)
- Informer sur les questions liées à la vie affective, relationnelle et familiale
- Participer aux réunions partenariales et au travail en réseau
- Contribuer à l’évaluation des actions et à la rédaction des bilans
Vous participez également à la dynamique du pôle, à la promotion des actions et, plus largement, au développement des projets de l’association.
Profil recherché
- Master 2 de psychologie – titre de psychologue obligatoire
- Expérience appréciée dans le champ du soutien à la parentalité, de la famille ou de la jeunesse
- Maîtrise des entretiens cliniques (individuel, couple, famille)
- Capacité à animer des groupes et à conduire des actions collectives
- Qualités relationnelles, sens de l’écoute et posture éthique
- Capacités d’analyse, de synthèse et rédactionnelles
- Goût pour le travail en équipe pluridisciplinaire et en partenariat
Conditions
- Prise de poste possible à partir du 1er juillet 2026
- Contrat annualisé. Quotité de temps de travail à définir (de 75 à 90%)
- Convention collective ECLAT – Groupe F (indice 350)
- Reprise d’ancienneté possible – salaire selon profil
- 13e mois, tickets restaurant, mutuelle (prise en charge à 60% par l’employeur)
- Travail en équipe avec supervision collective
- Déplacements réguliers (permis B et véhicule requis)
- Horaires principalement en journée, avec ponctuellement des interventions en soirée.
À propos de l’EPE Lorraine
Rejoindre l’EPE Lorraine, c’est intégrer une association reconnue d’utilité sociale, engagée depuis de nombreuses années dans l’accompagnement des familles, des jeunes et des professionnels.
Acteur de référence sur le territoire lorrain, l’EPE déploie ses actions au croisement des enjeux éducatifs et psycho-sociaux, avec une approche globale centrée sur les ressources des personnes et la qualité du lien.
Au quotidien, les équipes interviennent dans des contextes variés (entretiens cliniques, actions collectives, projets partenariaux), au sein d’un environnement riche, structuré et en constante évolution.
Travailler à l’EPE, c’est :
- Exercer son métier dans un cadre éthique et exigeant, respectueux des personnes et des pratiques professionnelles
- S’inscrire dans une équipe pluridisciplinaire favorisant les regards croisés et le travail en complémentarité
- Bénéficier d’un espace de réflexion clinique (supervision, réunions d’équipe, échanges de pratiques)
- Contribuer à des actions à fort impact social, au plus près des réalités des familles et des jeunes
- Participer au développement de projets et à une dynamique associative ancrée dans son territoire
L’association porte des valeurs d’humanisme, de solidarité et de citoyenneté, qui structurent l’ensemble de ses actions et de ses pratiques.
Candidature
Merci d’adresser votre CV et lettre de motivation à Jérémy GALL – Directeur de l’EPE de Lorraine
direction@epe-lorraine.fr
Les candidatures sont examinées au fil de l’eau. Les entretiens seront organisés progressivement jusqu’à pourvoi du poste.
Dans le cadre d’un partenariat avec l’IRTS, l’Ecole des parents et des éducateurs de Lorraine a co-organisé la projection du documentaire « Et si on levait les yeux ? », réalisé par Gilles Vernet, instituteur.
Ce film propose une immersion dans le travail mené par l’enseignant et sa classe de CM2 autour de la place des écrans dans leur quotidien, sensibilisant aux risques de la surexposition.
À travers une démarche pédagogique, Gilles Vernet va échanger avec ses élèves, leurs parents et des spécialistes sur la place des écrans dans notre société. Les enfants sont amenés à questionner leurs usages, jusqu’à vivre une expérience de déconnexion en pleine nature pendant 10 jours, avec leur professeur.

Un temps d’échange pour partager les constats du terrain et nourrir la réflexion
À l’issue de la projection, un bord de plateau a été animé en présence du réalisateur et d’une psychologue de l’EPE Lorraine. Ce moment a permis d’apporter un éclairage professionnel sur les enjeux soulevés par le documentaire et de nourrir la réflexion collective avec les participants.
Cet événement a notamment mis en évidence plusieurs constats issus du terrain :
- une augmentation significative du temps d’exposition aux écrans dès le plus jeune âge ;
- une étape clef, à l’approche de l’entrée au collège, souvent associée à l’acquisition d’un smartphone ;
- l’importance de la disponibilité des adultes dans l’accompagnement des usages numériques.
Des enjeux éducatifs, relationnels et de santé
Des échanges relevés lors des actions de sensibilisation menées par l’EPE ont souligné que lorsque les usages sont régulés, certains parents observent une amélioration de la qualité des liens avec leurs enfants.
Plus largement, la réflexion s’ouvre sur les conditions favorables au développement de l’enfant :
- la diversification des expériences d’apprentissage ;
- le développement de l’esprit critique ;
- la mobilisation de différentes formes d’intelligence ;
- la place du collectif et du vivre-ensemble.
Réinterroger les pratiques éducatives : l’apport des expériences en extérieur
Le documentaire, ainsi que les échanges, ont également permis de faire le lien entre la prévention des effets des écrans et l’éducation en environnement réel.
Les approches pédagogiques favorisant les apprentissages en extérieur mettent en avant :
- des apprentissages par l’action et le mouvement, favorables à la santé physique ;
- une mobilisation des sens dans leur globalité ;
- des dynamiques de coopération et d’intelligence collective ;
- une compréhension du temps, du vivant et de ses cycles.
Ces expériences contribuent également à renforcer le sentiment de capacité d’agir chez les enfants, avec des effets positifs sur leur bien-être et leur santé mentale.
Un enjeu partagé pour les professionnels
Cette projection-débat a confirmé l’importance de croiser les regards afin d’interroger nos usages du numérique et accompagner leurs évolutions.
À travers ce type d’actions, l’EPE Lorraine poursuit son engagement aux côtés des professionnel·le·s pour soutenir les familles, favoriser le dialogue et promouvoir des pratiques éducatives adaptées aux enjeux contemporains.
Le 2 avril 2026, une convention portant sur la création du Bureau d’aide aux victimes mineures (BAV-M) a été signée au tribunal judiciaire de Metz. Ce dispositif vise à améliorer la prise en charge des mineur·e·s victimes d’infractions pénales, en structurant une réponse coordonnée entre acteurs judiciaires, services d’enquête et partenaires associatifs.
Un lieu d’écoute, d’information et d’accompagnement dédié aux mineurs
Le Bureau d’aide aux victimes mineures a été conçu comme un lieu d’écoute, d’information et d’accompagnement destiné aux enfants et adolescent·e·s victimes d’infractions pénales — notamment violences sexuelles, violences intrafamiliales, harcèlement ou violences en milieu scolaire — ainsi qu’à leurs familles.
Il a vocation à intervenir dès les premières difficultés rencontrées, avant même un dépôt de plainte, et tout au long de la procédure pénale. Il apporte un soutien concret dans les démarches et contribue à sécuriser le parcours des victimes.
L’accompagnement est gratuit et assuré par des professionnel·e·s formé·e·s (juristes, psychologues), au sein d’associations d’aide aux victimes agréées par le ministère de la Justice.

Un accompagnement structuré et coordonné
Mis en place dans le cadre d’un partenariat piloté par l’autorité judiciaire, le BAV-M est porté et animé par le CIDFF de Metz-Thionville.
Il vise à améliorer la prise en charge des mineur·e·s victimes au plus près de la révélation des faits, en facilitant :
- l’accès au droit,
- l’accompagnement dans la procédure pénale,
- et une prise en charge globale, adaptée aux besoins spécifiques liés à la minorité.
Le dispositif concerne notamment les situations de violences intrafamiliales, d’infractions sexuelles, de harcèlement (y compris numérique) ou encore de violences en milieu scolaire ou sportif.
Il constitue un point d’entrée identifié pour les mineur·e·s victimes et leurs familles, avec un objectif de réactivité et de continuité dans l’accompagnement.

Une organisation partenariale au service des parcours
Le BAV-M repose sur une coopération étroite entre l’institution judiciaire, les services de police et de gendarmerie, la protection judiciaire de la jeunesse, l’éducation nationale, ainsi que de nombreux acteurs associatifs et médico-sociaux.
Ce fonctionnement permet :
- une orientation rapide des situations,
- une mobilisation coordonnée des partenaires,
- et une réponse adaptée aux besoins spécifiques de chaque mineur.
Il contribue ainsi à éviter les ruptures de parcours et à renforcer la lisibilité des dispositifs pour les familles.
La MDEJ : un lieu ressource pour les droits de l’enfant
Signataire de la convention, l’EPE Lorraine joue un rôle structurant dans ce dispositif à travers la Maison des droits de l’enfant et des jeunes (MDEJ), qu’elle porte.
Une permanence du Bureau d’aide aux victimes mineures est assurée au sein de la MDEJ, chaque mercredi matin de 9h à 12h.
Ce choix d’implantation s’inscrit dans une logique de proximité et de cohérence des parcours : il permet de regrouper, au sein d’un même lieu, plusieurs services complémentaires dédiés à l’accompagnement des enfants, des adolescents et de leurs familles autour des questions de droits.
La MDEJ constitue ainsi un espace identifié sur le territoire, facilitant l’accès aux dispositifs et favorisant une approche globale des situations.

L’EPE de Lorraine, un acteur engagé au plus près des familles
À travers la MDEJ et ses autres dispositifs, notamment le Point Accueil Écoute Jeunes, l’EPE contribue à une prise en charge globale, attentive aux dimensions juridiques, psychologiques, éducatives et sociales des situations.
Son inscription dans le BAV-M illustre sa capacité à articuler accompagnement des jeunes et des familles et participation à des dynamiques partenariales au service des politiques publiques.
Une avancée pour le territoire
La création du Bureau d’aide aux victimes mineures de Metz constitue une avancée importante pour le territoire, en renforçant la coordination des acteurs et l’accessibilité des dispositifs.
Elle participe à une meilleure prise en compte des droits de l’enfant et à un accompagnement plus lisible, plus précoce et plus adapté des mineur·e·s victimes et de leurs familles.
Informations pratiques
Bureau d’aide aux victimes mineures (BAV-M)
📞 Téléphone : 03 87 76 03 48
Permanence
📍 Maison des droits de l’enfant et des jeunes (MDEJ)
🗓️ Tous les mercredis de 9h à 12h
Maison des droits de l’enfant et des jeunes (MDEJ)
📍 1 rue du Coëtlosquet, 57000 Metz
📞 07 56 36 89 99
✉️ mdej@epe-lorraine.fr
Le 19 mars 2026, la Maison des droits de l’enfant et des jeunes (MDEJ), portée par l’EPE Lorraine, organisait un colloque intitulé « Recueillir la parole de l’enfant : pratiques, enjeux et perspectives » à Metz.
Cette manifestation a rassemblé 240 professionnel·le·s autour d’un enjeu central : mieux comprendre, accueillir et prendre en compte la parole de l’enfant dans sa complexité.
Un enjeu fondamental au cœur des pratiques professionnelles
Longtemps négligée, la parole de l’enfant est aujourd’hui reconnue comme un droit fondamental, inscrit dans la Convention internationale des droits de l’enfant (CIDE).
Pourtant, comme l’ont souligné les échanges du colloque, sa prise en compte effective reste un défi.
Différences de maturité, complexité du langage, biais d’interprétation : autant de facteurs qui peuvent entraver la compréhension de ce que l’enfant exprime réellement.
Dans ce contexte, interroger les pratiques professionnelles devient essentiel :
Le colloque a ainsi permis d’ouvrir un espace de réflexion collective, en croisant les regards de chercheur·euse·s, de professionnel·le·s de terrain et d’acteurs institutionnels, autour de pratiques et d’outils concrets.

Du partage d’expériences à l’évolution des pratiques
Au-delà des apports théoriques, une conviction s’est imposée : recueillir la parole de l’enfant ne s’improvise pas.
Cela implique :
- Une posture adaptée, à la fois bienveillante et rigoureuse
- Une compréhension des enjeux psychologiques, éducatifs et juridiques
- Des méthodes et des repères pour sécuriser la parole et son traitement
Face à ces besoins, les professionnel·le·s expriment une attente forte : être outillés pour agir avec justesse dans leur pratique quotidienne.
Une formation pour accompagner les professionnel·le·s sur le terrain
Dans la continuité de ce colloque, l’EPE Lorraine propose une formation dédiée à l’accueil et au recueil de la parole de l’enfant.
Pensée comme un prolongement des réflexions engagées, cette formation vise à :
- renforcer les compétences d’écoute et de posture professionnelle
- mieux comprendre les mécanismes de la parole de l’enfant
- identifier les bonnes pratiques et les points de vigilance
- sécuriser les situations d’échange, notamment en contexte sensible
Elle s’adresse à l’ensemble des professionnel·le·s en lien avec des enfants et des jeunes (éducation, social, médico-social, animation, etc.), confronté·e·s à ces enjeux dans leur pratique.
Une récente décision de justice rendue par la Cour de Cassation le 14 janvier 2026 rappelle un principe fondamental : aucune violence envers un enfant ne peut être justifiée par un objectif éducatif.
Dans un communiqué de presse récent, le Défenseur des droits partage la décision rendue par la Cour de cassation dans une affaire portant sur des faits de violences commises par un père sur ses enfants.
Cette affaire concernait un père poursuivi pour des violences sur ses deux fils. En avril 2024, malgré les déclarations des enfants, la cour d’appel de Metz avait prononcé sa relaxe, estimant notamment que ces derniers n’avaient pas de blessures physiques, que les faits s’étaient produits dans un contexte disciplinaire, et qu’il n’y avait pas eu d’humiliation caractérisée.
La Cour de cassation — la plus haute juridiction judiciaire française — a été saisie et a infirmé cette analyse de la Cour d’Appel. Elle a été appuyée par les observations du Défenseur des droits, qui intervient régulièrement pour faire respecter les droits des enfants.

Aucune violence n’est autorisée, même à des fins éducatives
Dans sa décision, la Cour de cassation est très claire : le « droit de correction parentale » n’existe pas, ni dans le droit français, ni dans les textes internationaux.
Autrement dit, un parent ne peut jamais invoquer une prétendue finalité éducative pour justifier des coups, des gestes brutaux ou des violences psychologiques.

Le droit de l’enfant à la protection : un droit reconnu internationalement
La France est également engagée par des textes internationaux (notamment par la Convention internationale des droits de l’enfant) qui imposent de protéger les enfants contre toute forme de violence, qu’elle soit physique ou psychologique, y compris dans le cadre familial.
La Cour de cassation s’appuie sur ces textes pour affirmer, sans ambiguïté, qu’aucune forme de « droit de correction » ne peut être reconnue.

Des conséquences parfois invisibles mais durables
Le Défenseur des droits insiste sur un point essentiel : les violences peuvent laisser des traces profondes, même lorsqu’elles ne provoquent pas de blessures visibles immédiates.
Lorsqu’un enfant est frappé ou maltraité par un parent — une figure à laquelle il est attaché — les répercussions psychologiques peuvent être importantes et durables. La vulnérabilité et la dépendance de l’enfant, combinées à un développement en cours, aggravent fortement ces impacts.

Un cadre légal renforcé en France
Depuis plusieurs années, les autorités rappellent que la violence ne peut en aucun cas être un outil éducatif ou justifié comme tel.
En 2019, la loi a d’ailleurs modifié le code civil pour affirmer clairement que l’autorité parentale s’exerce sans violences physiques ni psychologiques.
Comme l’a souligné la Défenseure des droits, cette décision « confirme le cadre de protection auquel tout enfant a droit » et rappelle que l’éducation ne peut jamais passer par des coups, des humiliations ou des gestes violents.

Le 19 mars 2026, la MDEJ, portée par l’EPE Lorraine, organisera un colloque sur le recueil de la parole de l’enfant à Metz.
La parole de l’enfant a été longtemps absente et négligée. Reconnu comme un droit fondamental par la Convention Internationale des Droits de l’Enfant, ce droit à la parole et à la participation garantit à chaque enfant la possibilité d’exprimer ses opinions et d’être entendu dans toutes décisions qui les concernent.
Toutefois la reconnaissance formelle de ce droit ne garantit pas une prise en compte effective et respectueuse de la parole de l’enfant. La complexité du langage enfantin, les différences de maturité ainsi que les biais cognitifs et émotionnels des adultes peuvent entraver la compréhension réelle de ce qu’enfant souhaite communiquer.
Dans ce contexte, il est essentiel d’interroger les pratiques d’écoute et de recueil de la parole de l’enfant afin d’en assurer la rigueur, l’objectivité et le respect.
Sous le haut patronage et en présence de Claire Hédon, Défenseure des droits, ce colloque vise à sensibiliser le grand public, les professionnels et les familles, à l’importance de la prise en compte de la parole de l’enfant et à la manière dont elle peut être recueillie et interprétée dans différents contextes (familial, éducatif, judiciaire, …).
Il propose également une réflexion approfondie sur la posture adulte nécessaire à accueillir cette parole en s’appuyant sur des approches interdisciplinaires et des outils méthodologiques éprouvés.
En raison de la forte demande et du grand nombre d’inscrits, nous vous informons que le colloque est complet et que les inscriptions sont désormais fermées.
Les personnes inscrites recevront prochainement la confirmation de leur inscription au colloque. Les personnes placées en liste d’attente seront également informées de la confirmation de leur inscription dans la limite des places disponibles.
Pour les personnes qui ne pourront pas être présentes, le colloque fera l’objet d’une captation vidéo qui sera partagée sur le site de l’EPE Lorraine et relayée sur les réseaux sociaux.
Programme
Tout au long de la journée, ce colloque proposera des interventions croisées et pluridisciplinaires de chercheurs, de professionnels et d’acteurs institutionnels afin d’interroger la place accordée à la parole de l’enfant.
Conférences, tables rondes, échanges avec le public, témoignages, analyses de terrain et retours d’expérience rythmeront ces rencontres sur la parole de l’enfant et permettront d’éclairer les enjeux actuels de son recueil et de sa prise en compte.
Découvrez le programme et les différentes intervenants de la journée !
Informations pratiques :
📆 19 mars 2026, de 9h à 17h
📍 Le Royal, 2 Rue Gambetta, 57000 Metz
🎫 Accès libre et gratuit (sous réserve d’inscription)
Nous contacter :
📞 07 56 36 89 99
Avec le soutien et la participation de :
En 2026, l’EPE Lorraine fait évoluer son offre de formation catalogue afin de toujours mieux répondre aux besoins des professionnel·le·s et les accompagner dans leurs pratiques.
Inscrite dans une démarche d’amélioration continue de l’offre de formation, cette refonte vise à renforcer l’adaptation des contenus aux enjeux du terrain et aux réalités professionnelles.
Elle s’appuie à la fois sur les données et retours recueillis auprès des différentes parties prenantes des services de formation (commanditaires, intervenant·e·s et participant·e·s / professionnel·le·s) ainsi que sur la veille menée par le pôle régional de formation de l’EPE Lorraine.
Ce travail minutieux a permis d’enrichir les apports, de renforcer la dimension pratique et d’affiner les approches proposées.
L’objectif est d’offrir des contenus plus actuels, des outils concrets et toujours mieux ancrés dans les réalités vécues avec les enfants, les parents, les familles et les personnes vulnérables.
Dans cette perspective, le pôle régional de formation a actualisé le contenu de plusieurs formations et modifié certains intitulés.

Les contenus de formation ont été actualisés à partir de constats concrets afin d’accompagner l’évolution des pratiques professionnelles :
Renforcer l’estime de soi pour mieux accompagner >
23, 24 mars + 1er, 2 avril 2026
Soutenir les parents face aux nouveaux défis de la parentalité >
3, 4 mars + 1er et 2 avril 2026
Les titres correspondent désormais mieux à l’actualité, aux attentes des professionnels et aux programmes de nos formations :
| Anciens intitulés | Nouveaux intitulés | Dates | Liens vers le catalogue en ligne |
| Accompagner les troubles du comportement | Difficulté ou trouble du comportement repères pour mieux identifier et accompagner | 18, 19 mai 2026 | Pour accéder à la formation, cliquez ici. |
| Accompagner un enfant (0-6 ans) porteur de TSA en Etablissement d’Accueil du Jeune Enfant | Accompagner un enfant (0-6 ans) porteur de TSA en accueil collectif – Adapter ses pratiques pour une inclusion de qualité et l’harmonie du groupe | 8, 9 juin 2026 | Pour accéder à la formation, cliquez ici. |
| Écrans éteints, lien parent/enfant préservé : pour une connexion continue | Parentalité à l’ère du numérique : préserver la qualité des relations parent/enfant | 23, 24 mars 2026 | Pour accéder à la formation, cliquez ici. |
| Les relations amoureuses à l’adolescence : entre amour et sexualité | Accompagner la vie affective, relationnelle et sexuelle des ados | 20, 21 mai 2026 | Pour accéder à la formation, cliquez ici. |
Si vous êtes intéressé(e) et que vous souhaitez avoir plus d’informations ou vous inscrire :
Pôle formation
Contactez-nous :
📞 : 03 87 69 04 65 – 07 43 10 26 26
📧 : formation@epe-lorraine.fr









