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Retour sur la Marche pour l’enfance et la jeunesse : merci pour votre mobilisation !

Le 27 mai dernier, près de 400 personnes se sont réunies dans les rues de Metz à l’occasion de la première Marche pour l’Enfance et la Jeunesse (MEJ) organisée en Moselle par l’Ecole des Parents et des Educateurs de Lorraine.

Parents, enfants, jeunes, professionnel·le·s, partenaires et citoyens engagés ont porté ensemble un message fort et rappelé l’importance des droits de l’enfant et de l’accompagnement des jeunes sur notre territoire.

Une mobilisation collective pour les droits de l’enfant

Portée collectivement par de nombreux acteurs engagés sur le territoire, cette première édition Mosellane avait pour objectif de mettre en lumière les droits de l’enfant et de rappeler l’importance de construire une société attentive aux besoins et à la parole des plus jeunes.

Dans une ambiance conviviale et festive, le cortège a parcouru les rues de Metz pour porter un message fort en faveur des droits de l’enfant et des jeunes.

Des prises de parole fortes

Au cœur de cette mobilisation, jeunes et institutionnels ont partagé leurs réflexions et leurs engagements lors de prises de parole publiques.

Cette mobilisation a été marquée par la présence d’Éric Delemar, Défenseur des enfants, Isabelle Lux, adjointe au maire de la Ville de Metz, déléguée à l’enfance, la famille, la parentalité et la santé mentale des enfants et Béatrice Clément, Vice-présidente de l’EPE Lorraine qui se sont notamment exprimés.

Défendre le droit d’être un enfant

L’une des interventions a porté sur l’accélération des parcours de vie des jeunes et les pressions auxquelles ils sont confrontés dès le plus jeune âge.

À travers une réflexion sur les attentes scolaires, l’influence des réseaux sociaux, l’hypersexualisation ou encore la parentification, cette prise de parole a rappelé l’importance de préserver le temps de l’enfance :

« Grandir n’est pas une performance. C’est une éclosion. Et une fleur que l’on force à s’ouvrir n’éclot pas. Elle se brise. »

En s’appuyant notamment sur la citation de Jean-Jacques Rousseau, « Laissez mûrir l’enfance chez les enfants », l’intervention a souligné que défendre les droits de l’enfant, c’est aussi défendre son droit à grandir à son rythme, à expérimenter, à se construire et à être protégé des pressions excessives.

Mieux accompagner les enfants placés

Pour la deuxième intervention, Kylian, lycéen, a pris la parole pour mettre en lumière la réalité des enfants confiés à l’Aide Sociale à l’Enfance (ASE).

En rappelant les difficultés que peuvent rencontrer ces jeunes — ruptures de parcours, changements de lieux de vie, séparation familiale ou sentiment d’isolement — l’adolescent a insisté sur la nécessité d’un accompagnement stable et bienveillant.

« Un enfant placé reste avant tout un enfant. Et aucun enfant ne devrait grandir en ayant l’impression d’être seul. »

Cette intervention a rappelé que la protection de l’enfance ne se limite pas à mettre un enfant à l’abri, mais implique également de lui offrir écoute, confiance, stabilité et perspectives d’avenir.

L’engagement des jeunes avec l’UNICEF

Jacques Nama, Jeune Ambassadeur UNICEF Lorraine et chargé de communication du comité territorial de Lorraine, a également partagé son parcours d’engagement.

Au cours de son intervention, le jeune homme a présenté les actions menées par l’UNICEF pour sensibiliser aux droits de l’enfant, soutenir les programmes de solidarité et encourager la participation des jeunes à la vie citoyenne.

Son témoignage a notamment permis de mettre en avant le rôle essentiel des jeunes dans la sensibilisation de leurs pairs et dans la promotion des droits de l’enfant.

Déambulation citoyenne pour les droits des jeunes

Après les différentes interventions, les participants ont défilé dans les rues du centre-ville de Metz avant de rejoindre le Village des droits.

Le Village des droits : un espace de découverte et de sensibilisation

Cette journée a également permis au public de découvrir le Village des droits, un espace d’animations, d’échanges et de sensibilisation proposé par les différents partenaires mobilisés. À travers des ateliers ludiques, pédagogiques et participatifs, petits et grands ont pu approfondir leur connaissance des droits de l’enfant et des ressources existantes sur le territoire.

Revivez l’événement

Vous n’avez pas pu participer à la Marche pour l’enfance et la jeunesse ? Revoyez les moments forts de cette mobilisation !

Une initiative relayée par la presse locale

Merci à Cécile Carton et au Républicain Lorrain pour l’article consacré à cette mobilisation/initiative, ainsi que pour la mise en lumière des enjeux liés aux droits de l’enfant et de la jeunesse sur notre territoire.

Merci à tous nos partenaires

Fière du succès rencontré par cette manifestation pacifique et festive malgré des températures élevées, l’EPE Lorraine remercie chaleureusement toutes les personnes qui ont pris part au cortège et participé à cette première édition de la MEJ en Moselle pour porter la voix des jeunes et défendre leurs droits.

Merci à l’ensemble des participants, partenaires, bénévoles, institutions et structures mobilisés pour leur engagement en faveur de l’enfance et de la jeunesse.

Merci à nos partenaires présents ce jour-là : COFRADE, UNICEF, Université de Lorraine (CAPACITI), APSIS EMERGENCE, UDAF MOSELLE, PEP Lor’Est, ASSOCIATION CARREFOUR, E2C Metz, CLLAJ du Pays Messin, Défenseur des droits, le CAP, la Maison des bébés, Club Kiwanis, Communauté 360 de Moselle, les Francas, la Ligue des droits de l’Homme, Centre d’information sur les droits des femmes et des familles (CIDFF), le Secours populaire, la Maison des adolescents, les Restos du cœur

Merci également au Préfet de la Moselle, au Département de la Moselle, à la Ville de Metz, ainsi qu’au CDAD de la Moselle pour leur soutien dans ce projet.

Un grand merci à Éric DELEMAR pour sa présence au cours de cette journée, ainsi que pour son engagement à nos côtés tout au long de son mandat de Défenseur des enfants.

Cette première édition a démontré l’importance de créer des espaces de mobilisation et d’expression autour des droits de l’enfant et de la jeunesse. Ensemble, continuons à faire vivre ces droits et à porter la voix des enfants et des jeunes sur notre territoire.

Prise de parole : Défendre le droit d’être un enfant – Emie, Julia

« À quel moment cesse-t-on d’être un enfant ?

Grandir trop vite, ce n’est pas seulement faire face à des responsabilités précoces, c’est surtout ne pas avoir le temps de se construire. Notre enfance devient un passage accéléré, où l’on attend de nous des certitudes là où il devrait y avoir des essais, des erreurs, et du temps. Du temps pour douter, pour explorer, pour devenir.

Elisabeth Borne, ancienne ministre de l’Éducation nationale, parlait de choix à « préparer très jeunes, presque depuis la maternelle. » Comme si l’enfance devait déjà se plier aux exigences du monde du travail. Comme si prendre le temps était une perte de temps.

Puis nous arrivons au lycée. A 15 ans, on nous demande de faire des choix qui conditionnent notre avenir.

Lorsque lycée rime avec performance, Parcoursup rime avec excellence. Sur cette plateforme, chaque note, chaque activité, chaque mot du dossier semble devoir prouver une valeur déjà figée. Selon l’OMS plus d’un jeune sur deux vit avec cette peur de ne pas être assez bon. Alors nous apprenons à optimiser, à construire une image de nous-même avant même de savoir qui nous sommes vraiment. A force de vouloir faire de nous des adultes précoces, on nous vole quelque chose de fondamental : notre droit à l’enfance.

Il nous faut maintenant franchir une autre porte : celle de l’intime.

Regardons d’abord en face ce miroir déformant que sont devenus les algorithmes.

Aujourd’hui, 38 % des jeunes se déclarent dépendants de leur téléphone.

L’algorithme ne montre pas seulement des vidéos.

Il insiste.

Il répète.

Il enferme.

Considérons ensuite une autre dérive : l’hypersexualisation

Aujourd’hui, l’intime est exposé de plus en plus tôt et de façon de plus en plus malsaine. Les chiffres sont sans appel : les échanges de contenus suggestifs, renommés “nudes” ont augmenté de 29 % depuis 2019.

On projette sur des enfants des codes d’adultes.

Le jeu devient séduction.

L’insouciance devient une stratégie.

Enfin, regardons un phénomène plus silencieux, ancré chez de nombreuses familles.

Nous valorisons l’enfant autonome, responsable, “mature”. Mais derrière cette image rassurante, les psychologues alertent sur un phénomène : la parentification.

On le félicite d’être mature ?

Il apprend à taire ses besoins.

On le trouve raisonnable ?

Il s’oublie lui-même.

Cette maturité n’est pas une force.

C’est un poids.

À force de vouloir bien faire, ces jeunes n’osent plus essayer.

Mesdames et Messieurs,

Grandir n’est pas une performance.

C’est une éclosion.

Et une fleur que l’on force à s’ouvrir…

n’éclot pas.

Elle se brise.

Déjà, au 18e siècle, Jean-Jacques Rousseau nous mettait en garde :

 « Laissez mûrir l’enfance chez les enfants. »

Ces mots résonnent aujourd’hui avec une force saisissante. Protéger l’enfance, ce n’est pas enfermer, ni refuser la modernité.

Aujourd’hui, je vous le dis : défendre les droits de l’homme, c’est aussi défendre le droit d’être un enfant.

C’est refuser un système qui accélère le temps au détriment de l’humain.

C’est redonner aux jeunes la possibilité de se construire librement.

Car un enfant ne devrait jamais avoir à se presser de devenir quelqu’un.

Il est déjà quelqu’un. »

Prise de parole : Mieux accompagner les enfants placés – Kylian

« Bonjour à tous,

Aujourd’hui, je voudrais parler d’enfants dont on parle trop peu : les enfants placés à l’Aide Sociale à l’Enfance, l’ASE.

Quand un enfant est placé, ce n’est pas un choix. Souvent, c’est parce qu’il a vécu des violences, des abandons, des négligences ou des situations familiales très difficiles. Derrière chaque dossier, il y a surtout un enfant qui essaye juste de grandir comme les autres.

Mais être placé, ce n’est pas seulement changer de maison. C’est parfois changer d’école, perdre ses repères, être séparé de ses frères et sœurs, devoir recommencer sa vie encore et encore. Beaucoup de jeunes de l’ASE grandissent avec un manque de stabilité, un manque d’écoute, et parfois le sentiment d’être oubliés.

Pourtant, ces enfants ont les mêmes droits que tous les autres : le droit d’être protégés, écoutés, accompagnés et respectés. Ils ne demandent pas des privilèges. Ils demandent simplement une enfance normale, une chance de construire leur avenir.

On parle souvent de protection de l’enfance, mais protéger un enfant, ce n’est pas seulement le mettre à l’abri. C’est aussi lui donner de l’attention, de la confiance, un soutien psychologique, une stabilité, et quelqu’un qui croit en lui.

Aujourd’hui, lors de cette Marche pour l’Enfance et la Jeunesse organisée à EPE Lorraine et à Metz, je voulais rappeler une chose simple : un enfant placé reste avant tout un enfant. Et aucun enfant ne devrait grandir en ayant l’impression d’être seul.

Merci. »

Prise de parole : L’engagement des jeunes avec l’UNICEF – Jacques

« Bonjour à toutes et à tous,

Je suis très heureux d’être présent parmi vous aujourd’hui. Je m’appelle Jacques Nama, Jeune Ambassadeur UNICEF Lorraine et chargé de communication de mon comité territorial.

Depuis 2021, je suis engagé auprès de l’UNICEF, d’abord à travers des programmes jeunesse tels que Jeunes Reporters en Côte d’Ivoire, une initiative qui donne la parole aux adolescents et aux jeunes à travers des émissions de radio diffusées sur les radios de proximité afin de sensibiliser aux questions liées à l’éducation, à la santé, à l’environnement, à la nutrition et aux droits des enfants.

Depuis l’année dernière, j’ai rejoint UNICEF Lorraine, où nous menons des actions de sensibilisation aux droits de l’enfant, de collecte de fonds ainsi que des actions de plaidoyer.

Concernant l’engagement des jeunes, nous avons également lancé le « Podcast des Champions », une capsule médiatique qui met en lumière des adolescents et jeunes engagés afin qu’ils puissent partager leurs expériences et inspirer d’autres jeunes à s’engager à leur tour.

Nous serons ravis de vous accueillir sur notre stand pour échanger avec vous.

Je vous remercie. »