Le gouvernement a décidé de prolonger en 2026 la Grande cause nationale dédiée à la santé mentale. On ne peut que se réjouir de cette prolongation tant les besoins sont grands et tant il nécessaire que la santé mentale soit une priorité de santé publique. Les objectifs prioritaires qui ont été définis en 2025 restent toujours d’actualité. En particulier le développement de la prévention et du repérage précoce car les enjeux par rapport à la santé mentale des jeunes sont majeurs.
L’augmentation des troubles anxieux et dépressifs, la hausse des conduites suicidaires en particuliers chez les jeunes filles et les jeunes femmes sont autant de sujets d’inquiétude et traduisent des difficultés dont l’origine est multifactorielle et qui s’inscrivent dans un contexte de crises sanitaires, sociales et environnementales. Même s’il ne faut pas nier les progrès réalisés sur les 20 années passées : diminution de la consommation d’alcool et de tabac chez les jeunes, diminution de la mortalité par suicide, on constate que ces progrès on tendance à s’éroder depuis la crise sanitaire COVID. De même si l’étude EnClass 2022 montre que 80% des collégiens et lycéens ont une perception positive de leur vie, il n’en reste pas moins que les 20% restant ne vont pas bien.
De nombreux facteurs expliquent ces difficultés. L’impact des réseaux sociaux et du numérique est important sur la santé mentale des jeunes. Les réseaux sociaux sont identifiés comme un facteur majeur d’anxiété, de dépression et de troubles de l’image corporelle, notamment chez les adolescentes. Ils exposent précocement à des contenus anxiogènes (violence, désinformation, défis dangereux). La réduction du sommeil liée à l’utilisation nocturne des écrans a un impact important sur la concentration et l’attention et l’utilisation excessive des réseaux sociaux nuit à la qualité des relations sociales.
La pression scolaire génère un stress intense, surtout dans un contexte de compétition accrue. Le harcèlement scolaire (1 élève sur 10 déclare avoir été victime de harcèlement) a des conséquences graves sur la santé mentale. La précarité étudiante expose à un risque 3 fois plus élevé de développer des troubles mentaux.
Il existe également des vulnérabilités spécifiques : les jeunes LGBTQIA+, les jeunes en situation de handicap, les mineurs non accompagnés sont autant de publics exposés à des risques accrus de dépression et d’anxiété.
L’augmentation constante des besoins en santé mentale depuis le milieu des années 2010 avec une accélération nette depuis la crise COVID explique en partie les difficultés croissantes dans l’accès aux soins. Les médecins libéraux, le système de soins hospitalier sont saturés, obtenir un rendez-vous dans un délai raisonnable est devenu un véritable défi. Cela a des conséquences en matière de prévention quand on sait que les pathologies chroniques psychiatriques (troubles schizophréniques, troubles bipolaires, troubles borderline) débutent à l’adolescence et au jeune âge adulte.
La stigmatisation et les tabous concernant la santé mentale sont également des obstacles à la prise en compte précoce des difficultés. Beaucoup de jeunes hésitent à parler de leur souffrance par crainte d’être étiquetés ou incompris. Les symptômes de dépression ou d’anxiété sont souvent minimisés et banalisés que ce soit par les intéressés eux-mêmes que par leur entourage. Les parents, les enseignants, éducateurs et même certains professionnels de santé peinent à repérer les signes de détresse psychique.
En ce début d’année 2026 ce constat ne doit pas nous conduire au découragement et à la morosité car nous avons tous les moyens d’agir à notre niveau. Le soutien aux familles, la formation des professionnels sont des leviers puissants. Améliorer la compétence des professionnels renforce les capacités de prévention et de dépistage. La sensibilisation des parents aux signes d’alerte permet d’intervenir plus précocement. Toutes ces actions permettent également de lutter contre la stigmatisation et de changer notre regard sur les troubles psychiques et les troubles mentaux.
Je vous adresse mes meilleurs vœux pour cette année 2026 et vous souhaite le meilleur tant sur le plan personnel que professionnel. Puissions-nous collectivement mettre à profit cette nouvelle année de Santé Mentale Grande Cause Nationale pour contribuer à améliorer la santé mentale des jeunes et de leurs familles.
Je vous adresse mes meilleurs vœux pour cette année 2026 et vous souhaite le meilleur tant sur le plan personnel que professionnel. Puissions-nous collectivement mettre à profit cette nouvelle année de Santé Mentale Grande Cause Nationale pour contribuer à améliorer la santé mentale des jeunes et de leurs familles.



